Hélène Catsiapis

helene

Chers amis,

Le bureau de RADAC a l’immense tristesse de vous annoncer le décès d’Hélène Catsiapis, mercredi 15 février. Hélène était membre fondateur de RADAC et secrétaire de 1983 à 2007. Tous ceux qui avaient eu le plaisir de la rencontrer connaissaient sa gentillesse et disponibilité. Elle avait mis beaucoup d’énergie et d’enthousiasme au service de notre association. Elle avait participé à l’organisation de nombreux colloques, journées d’étude à Paris et à Lille notamment. L’équipe qu’elle formait avec Claude et Nicole s’arrangeait pour que  chaque événement scientifique soit accompagné d’un (ou de plusieurs) moments de convivialité : spectacles, repas, cocktails. Hélène avait joué aussi un rôle très important dans la création et diffusion de la revue Coup de Théâtre. Nous savions que nous pouvions toujours compter sur elle pour soutenir nos projets, même ceux qui étaient assez éloignés de ses propres intérêts en matière de théâtre anglophone. Ses préférences allaient plutôt vers la comédie, celle de Noël Coward notamment.

Hélène va nous manquer énormément mais nous ne l’oublierons pas, en essayant de continuer le travail de l’association avec le même sérieux et le même esprit convivial.

Susan Blattès, Présidente de RADAC

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CFP : Le théâtre anglophone contemporain et les nouveaux enjeux du rire

Appel à propositions

Colloque International Université Toulouse-Jean Jaurès, laboratoire CAS (axe 2), Département des Études du Monde Anglophone

12, 13 octobre 2017

Conférencières invitées:

Elisabeth Angel-Perez (Université de Paris-Sorbonne)

Linda Ben-Zvi (Tel Aviv University)

Annette J. Saddik (City University of New York)

 

And in the end, life laughs at death… 

Le théâtre anglophone contemporain et les nouveaux enjeux du rire

 

To laugh and to relish, as some people, historically, always seem to do, how far the rampant disorder had spread, enjoying enormously the assailability, the frailty, the enfeeblement of supposedly robust things.

Philip Roth, American Pastoral

 

All those tooth-whitening ads you’ve got on television – sheer mania for showing your bones. I mean no other animal exhibits its skeleton the way we do.

Brian Parker, Tennessee Williams and His Contemporaries

 

“All destruction is finally petty and in the end life laughs at death” Edward Bond, The Sea

 

La réappropriation sur la scène contemporaine de catégories esthétiques telles que le burlesque, la satire, la farce, la parodie, leslapstick ou encore l’humour noir, pour n’en citer que quelques-unes, invite à une réflexion sur la place et la fonction du rire dans le théâtre anglophone depuis la deuxième moitié du vingtième siècle. Dans le monde d’après Auschwitz où, selon la célèbre formule de Theodor Adorno, « il est devenu impossible d’écrire des poèmes », le théâtre semble avoir trouvé dans la diversité des formes comiques le moyen d’investir le champ de l’irreprésentable. Déjà, en 1958, Ionesco se prononçait pour un théâtre violemment comique, un théâtre de l’insoutenable qui pousserait « tout à son paroxysme, là où sont les sources du tragique ». La voix comique, telle qu’elle se manifeste sur scène, serait-elle donc « le ferment d’un nouveau contrat tragique au sein de l’assemblée théâtrale » ? C’est en tout cas ce que suggère Mireille Losco-Lena dans un article publié en 2005 où elle avance que le comique permettrait de renouer avec « le sentiment vivant du tragique ». De fait, s’il est encore possible de rire au théâtre aujourd’hui, de quoi et pourquoi rit on ? Que signifie la « voix inarticulée et éclatante » (Descartes) du rire qui résonne aujourd’hui dans les salles ? Est ce la seule et unique réponse de l’homme face à l’étrangeté du monde, à son inhumanité radicale ? N’y a-t-il pas, dans l’espace de partage ouvert par le rire, le dépassement d’une conception nihiliste de l’existence et l’affirmation d’une humanité ? L’expérience du rire comme pur jaillissement rabelaisien ou comme ivresse baudelairienne semble en effet toucher à quelque chose d’absolu, « quelque chose de terrible et d’irrésistible » (Baudelaire) qui perturbe le rapport du spectateur au spectacle et semble renouer avec une longue tradition comique pour mieux redéployer les potentialités du rire et en faire, non pas simplement « la seule issue imaginable, définitivement terminale » (Bataille), mais peut-être un moyen d’ébranler la pensée du spectateur et de continuer d’être humain dans un monde qui semble avoir cessé de l’être.

 

Ce colloque se propose d’explorer les nouvelles potentialités du rire sur la scène contemporaine anglophone à travers les pistes suivantes :

 

–       L’objet du rire : Qu’est ce qui, dans le texte et/ou dans la mise en scène, suscite le rire ? Comment les dramaturges et metteurs en scène contemporains se réapproprient-ils la tradition comique ?

–       Le rire en traduction : Comment l’intention comique se traduit-elle dans une autre langue ? Les défis du surtitrage.

–       L’intention du dramaturge ou du metteur en scène : Comment l’intention de faire rire se traduit-elle dans le texte et/ou sur la scène ? Comment s’opère son passage du texte à la scène ? Quelles sont les implications esthétiques, éthiques ou encore politiques de cette intention ?

–       Le rire en scène : Que se passe-t-il lorsqu’un personnage rit et que sa voix se détache soudain de la signification liée au langage ? Le rire est-il la négation du langage ou une autre de ses modalités ? Quelle différence entre rire réel et rire joué ?

–       Le rire dans la salle : Distance ou adhésion du spectateur ? Le rire peut-il se penser comme une forme de catharsis ? Contribue-t-il à la création d’un espace commun entre le public et la scène ou implique-t-il au contraire l’idée d’une séparation, d’une distance critique ?

Les propositions de communication (300 mots environ), assorties d’un bref descriptif bio-bibliographique, sont à envoyer d’ici le 27 mars 2017 à emeline.jouve@gmail.com et sophie.maruejouls@live.fr

 

ENGLISH VERSION:

Plenary speakers:

Elisabeth Angel-Perez (Université de Paris-Sorbonne)

Linda Ben-Zvi (Tel Aviv University)

Annette J. Saddik (City University of New York) 

And in the end, life laughs at death

Rethinking laughter in contemporary Anglophone theatre

 

“All destruction is finally petty and in the end life laughs at death” Edward Bond, The Sea

 

The revival on the contemporary stage of long-established aesthetic categories inherited from the comic tradition and comprising a wide variety of styles, ranging from the burlesque, the slapstick or the farcical to satirical and black comedies, calls for a reexamination of the role and function of laughter in Anglophone theatre since the second half of the twentieth century. In a post-Auschwitz world where, according to Theodor Adorno’s well-known remark, “it has become impossible to write poetry,” the diversity of comic forms seems to have provided playwrights with the means of filling the void of the unspeakable. As early as 1958, Ionesco felt the need for a theatrical medium that had to be violently comical, that had “to push everything to paroxysm, to the point where the sources of the tragic lie.” In this light, the comic voice, as it manifests itself on stage today, could prove to be the catalyst for a new understanding of the tragic. This idea was suggested by Mireille Losco-Lena in 2005, when she wrote that the use of comic forms could breathe new life into theatre and help redefine the tragic. So, if it is still possible for spectators to laugh today, why do they laugh and what makes them laugh? What is the meaning of the “bursting, inarticulate voice” (Descartes) that shakes them? Is it simply the only possible answer to the strangeness of the world, to its radical inhumanity? Or, in that shared space created by laughter, couldn’t there be a desire to go beyond nihilism and an affirmation of humanity? The Rabelaisian experience of laughter as pure outburst or Baudelaire’s description of the intoxicating power of laughter seem indeed to hint at something absolute, “something terrible and irresistible” (Baudelaire) that undermines the relation of the public to the spectacle and renews the comic tradition to expand the potentialities of laughter, making it not just “the only imaginable and definitively terminal result” (Bataille), but also a means of setting thought in motion and continuing to be human in a world that no longer seems to be so.

 

The conference invites participants to explore the new potentialities of laughter on the contemporary Anglophone stage through the following themes:

–       The object of laughter: What provokes laughter in the text/on the stage? How do contemporary playwrights and directors appropriate the comic tradition?

–       The playwright/director’s intentions: How does the comic intention manifest itself in the text/on the stage? How does this intention transpose from page to stage? What are its aesthetic, ethical and/or political implications?

–       Laughter in translation: How does the comic intention translate into another language? Surtitling laughter and its challenges.

–       Laughter on stage: What happens when a character laughs and her/his voice frees itself from meaning and language? Is laughter a negation of language or an expansion of its potentialities? What is the difference between real and acted laughter?

–       The spectator’s laughter: Distance or empathy? Can laughter be considered as a form of catharsis? Does laughter take part in the creation of a shared space between the public and the stage or does it instead imply the idea of a separation, of a critical distance?

 

Proposals should include a 300-word abstract and a brief bio-bibliography. Please send them to emeline.jouve@gmail.com and sophie.maruejouls@live.fr  by the deadline of 27 March 2017.

CFP ‘Cross-dressing in fact and in fiction: norms, bodies, identities’, University of Toulouse, 21.04.2017

Cross-dressing in fact and in fiction: norms, bodies, identities

A one-day conference to be held at the University of Toulouse, France (21 April 2017)

 

Guest speaker: Professor Ann Heilmann (University of Cardiff)

Fashion, the sociology of dress and the semiology of clothing have been the object of much attention since Roland Barthes’s The Fashion System (Système de la mode, 1967). Closer to us, contemporary critics, such as Joanne Entwistle,remind us that dressing of all kind is cultural knowledge, acquired thorough training (Entwistle, The Fashioned Body: fashion, dress and modern social theory, Polity 2000). If dress is one of the most significant markers ofclass, gender, sexual orientation, ethnicity, religion, as well as of cultural and professional identity, then what kind of political and aesthetic transgressions does cross-dressing constitute/enable? What forms does it take? How is it performed and experienced? What are its effects? What kind of new possibilities does it open up? And what kind of empowerment or knowledge does it yield?A crucially disruptive act, cross-dressing fundamentally challenges binary categories, introducing, as Marjorie Garber contends, a “category crisis”. What Garber calls “the extraordinary power of transvestism” resides in its capacity to expose “cultural or aesthetic dissonances and to undermine the very notion of an ‘original’ or a ‘stable’ identity” (Garber, Vested Interests, Routledge 1992). This one-day conference will explore the various representations, aesthetics and epistemologies of cross-dressing in nineteenth-, twentieth-and twenty-first- century history, literature, painting, photography and film in English-speaking countries.

Topics may include but are not limited to:

–        Female-to-male or male-to-female cross-dressing and the constructedness of gender categories

–        Cross-dressing and sexuality; cross-dressing vs. androgyny

–        The figure of the cross-dresser; the dandy, the new woman

–        Historical examples of cross-dressers

–        Cross-dressing and racial passing / colonial cross-dressing; social cross-dressing

–        Cross-dressing detectives/spies, soldiers, etc.

–        Cross-dressing and the law / criminality

–        Theatrical cross-dressing; music hall cross-dressing acts

–        Challenges to normative dress codes through fashion movements, magazines etc.

–        Narrative, generic or aesthetic cross-dressing

Please send proposals to catherine.delyfer@univ-tlse2.fr before November 15, 2016. A selection of papers will be considered for publication.

Organizers: Les Jeudis du Genre (Catherine Delyfer, Emeline Jouve, Cristelle Maury)

Rencontre avec Matt Hartley à Paris en septembre

Jeudi 24 septembre, la compagnie Soy Creation a organisé un joli point d’orgue à la résidence d’écriture qu’elle a mise en place pour l’auteur dramatique Matt Hartley sous la forme d’une lecture publique d’extraits de Brûler des voitures et de Silver Bullet, suivie d’une rencontre avec le jeune dramaturge.

On doit noter qu’il s’agit ici d’une histoire de passion ; passion pour Matt Hartley, passion pour le théâtre contemporain britannique et ses voix originales, par lesquelles il oxygène avec bonheur le paysage théâtral français.

En effet, l’équipe de Soy Création, accompagnée de Séverine Magois et de Pierre Banos, traductrice et éditeur français de Matt Hartley, ont invité ce dernier à Paris sur leurs propres deniers, afin de lui permettre de terminer sa dernière pièce : Silver Bullet.

Au cours de trois jours d’atelier avec des comédiens à La Cuisine, local de la compagnie, Matt Hartley a ainsi eu l’opportunité de peaufiner ce texte qui n’est autre que la version longue de l’acte II de Brûler des voitures. Cette « encre fraiche » constitue un prolongement heureux à l’histoire de Brûler des voitures en France. Sans la passion de Séverine Magois, qui l’a découvert, traduit, et proposé avec opiniâtreté à de nombreux décideurs de théâtre pendant deux ans, ce texte et son prolongement Silver Bullet serait resté inconnu dans l’hexagone. La percée est venue du premier prix gagné par la pièce aux journées des auteurs de théâtre de Lyon en 2013 (http://www.auteursdetheatre.org/), qui a lui donné la visibilité qu’il mérite.

Matt Hartley se définit comme « a hopeful guy » et nous dit que le point de départ de Brûler des voitures a été l’envie de parler d’un certain type de clients qui fréquentaient le pub dans lequel il travaillait il y a quelques années. Ce segment de population (urbaine, jeune, fortunée, éduquée) qui, finalement, détient le pouvoir dans la société britannique contemporaine, vit dans la proximité des classes inférieurs, tout du moins à Londres, caractérisée par sa mixité sociale. C’est cette coexistence et les frottements – parfois meurtriers – qu’elle produit, qui a intéressé le jeune dramaturge. C’est la raison pour laquelle il a décidé de faire une pièce entière de l’acte II. Mais son regard, à la fois sociologique et obliquement politique, n’est pas le véhicule d’un jugement préfabriqué, ultimement porteur de fatalité. En dépit de l’horreur de la domination de classe, il veut croire au possible. Ceci se laisse voir dans le ton de la pièce, mêlant moments angoissants et épisodes hilarants, de même que dans sa structure, où les actes I et III, montrant « des moments où des changements deviennent possibles » (je le cite), encadrent le lugubre acte II. De même, la position dans laquelle Hartley met le spectateur, sans cesse obligé de réajuster ses certitudes à mesure que la pièce dévoile une facette différente du même événement, oblige ce dernier à rester en éveil – éveil qui constitue bel et bien la première étape du changement.

Brûler des voitures de Matt Hartley traduit par Séverine Magois, est publiée aux Éditions Théâtrales (http://www.editionstheatrales.fr/livres/bruler-des-voitures-596.html).

Soy création est une compagnie de théâtre tournée vers la découverte – découverte de textes contemporains français ou étrangers, (re)découverte de textes classiques non-traduits ou tombés dans l’oubli. Pour connaitre ses activités : http://www.soycreation.com/

Agathe TORTI-ALCAYAGA